L’Actu de la Prairie – Septembre 26

Utilité du certificat Bio

Dans cet article, nous allons tenter d’éclaircir ce qu’apporte le certificat Agriculture Biologique (AB) comme garanties aux consommateurs.

Pour obtenir le certificat AB, il faut respecter le cahier des charges de l’agriculture biologique et passer avec succès 1 à 2 audits de certification par an, via un organisme certificateur indépendant.

Ces audits réguliers permettent de garantir dans la durée, le respect du cahier des charges AB.

Ce cahier des charges interdit les cultures hors-sol, l’utilisation de fertilisants de synthèse, l’utilisation de pesticides, d’herbicides et de fongicides de synthèse. Ces produits, autorisés en agriculture conventionnelle, sont la plupart cancérigènes et/ou perturbateurs endocriniens et donc potentiellement dangereux pour la santé. De plus, ils détruisent la vie du sol, dégradent années après années la qualité et la fertilité naturelle du sol pour finir par le rendre stérile.

En Agriculture Biologique, sont autorisés les fertilisants organiques naturels (fumiers, composts, …)

et les pesticides naturels (purins de plantes par exemple) qui ne présentent, a priori, pas de danger pour la santé et ne sont pas néfastes à la vie du sol.

Le certificat AB est donc le seul à vous garantir la non-utilisation de produits cancérigènes et/ou perturbateurs endocriniens. Contrairement à ce que l’on peut entendre, l’agriculture raisonnée ne garantit nullement l’absence de produits de synthèse. Cette agriculture garantit juste la non-utilisation des produits phytosanitaires de synthèse en préventif. Mais en agriculture raisonnée, vous avez le droit d’utiliser ces produits en cas d’infection par des ravageurs, donc en curatif. En Agriculture Biologique, vous n’avez jamais le droit et si vos plantes sont attaquées, vous ne pouvez lutter qu’avec des moyens mécaniques et des répulsifs naturels.

En contre-partie, le certificat AB ne garantit rien sur l’impact carbone des pratiques agricoles.

En agriculture AB, le désherbage doit être fait à la main ou mécaniquement. Sur les grandes exploitations, cela nécessite 5 fois plus de passage de tracteur que lors d’utilisation d’herbicides pour des rendements inférieurs d’environ 30 %. Sur les grosses exploitations bios mécanisées, l’impact carbone est beaucoup plus important qu’en agriculture conventionnelle et les sols sont plus compactés du fait des nombreux passages de tracteurs.

De même, la non-utilisation de fongicides de synthèse implique une utilisation plus importante de « bouillie bordelaise » qu’en agriculture conventionnelle et augmente la teneur en Cuivre dans le sol. Même s’il existe des seuils annuels à ne pas dépasser, année après année, le Cuivre s’accumule dans le sol. L’utilisation de fongicides naturels (comme les purins) ne sont pas compatibles avec les monocultures comme la vigne.

Enfin, le certificat AB n’est pas du tout gage de qualité gustative et nutritionnelle. En effet, c’est la qualité de la composition du sol qui engendre des fruits et légumes savoureux et nutritifs. Et les sols les plus riches sont des sols argileux et humifères qui sont difficiles à travailler. Les grosses exploitations maraîchères même bios préfèrent cultiver dans du sable car cela facilite le travail et augmente la productivité. Cependant, le sable ne retient rien. Ni l’eau, ni les nutriments. Il faut donc arroser énormément et ajouter beaucoup de fertilisation. Ce type de sol n’apporte donc pas tout ce qui est nécessaire aux fruits et aux légumes pour être bons en goût et pour la santé, même s’ils sont labellisés Bio. Les pratiques de l’agriculture conventionnelle appauvrissent les sols et les fruits et légumes ne peuvent donc, là encore, être qualitatifs.

Alors comment être sûr de manger des légumes savoureux et bons pour la santé ? Il faut choisir des légumes bios cultivés selon les principes de l’agroécologie, prenant soin du sol, de l’eau et des écosystèmes. Et si vous voulez en plus limiter votre impact carbone, il faut choisir des fermes non ou faiblement mécanisées. Les micro-fermes sur petite surface comme Ca vit dans a Prairie, répondent à toutes ces exigences !

Mais comment nourrir le pays avec quelques micro-fermes ? La réponse est très simple. Il faut favoriser l’implantation de ces micro-fermes partout sur le territoire. Lorsque l’on exploite des petites surfaces, on peut en prendre soin, cultiver intensivement, faire des associations de culture ce qui permet d’obtenir des rendements équivalents à l’agriculture conventionnelle grandes surfaces même en bio ! Cela engendrera beaucoup d’emploi et créera, en plus, du lien social. Et contrairement à ce que l’on croit, beaucoup de personnes ont envie de retourner à la terre. Toutefois, l’extrême faiblesse des revenus freinent la majorité des vocations. Pour réussir cette transition vers l’agroécologie, il faut donc revoir tous le système des aides agricoles. Ces aides existent et sont très importantes mais sont quasiment exclusivement réservées aux très grosses exploitations conventionnelles (la PAC est notamment liée à la taille de l’exploitation). Il existe aussi de nombreuses aides sur le Gazole Non Routier et les fertilisants/produits phytosanitaires de synthèse. Les micro-fermes bios, ne perçoivent donc aucune de ces aides. En changeant progressivement le fléchage des aides agricoles vers l’agroécologie bio, automatiquement cela générera l’implantation de nouvelles micro-fermes et grâce à ces aides les prix de légumes et fruits bios pourront baisser !

Dernier point sur les certificats bios. Pour qu’un produit puisse être vendu avec le label AB, toute la chaîne de valeur doit être certifiée AB. Si l’un des intermédiaires n’est pas certifié bio, alors le produit final n’est pas bio. Ainsi, des agrumes bios d’Andalousie seront considérés comme conventionnels si le transporteur n’est pas certifié Bio. D’où l’importance de connaître l’origine des produits. Car un citron bio qui a été potentiellement en contact avec des denrées non bios sera quand même beaucoup moins « pollué » et dangereux pour la santé qu’un citron conventionnel…

Ce sujet est à la fois passionnant et technique. N’hésitez pas venir en discuter avec nous lors de nos ventes à la ferme !

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