
La multiplication végétative
Le mois de mars est le plus gros mois des semis pour le maraîcher, principalement en pépinière, car les températures sont encore trop fraîches pour semer en pleine terre.
Mais le semis à partir de graines n’est pas le seul moyen de reproduction des plantes. Certaines sont capables de produire des clones d’elles-mêmes. On regroupe ces modes de reproduction sous l’appellation : multiplication végétative.
Pour rappel, les graines sont le résultat d’une reproduction sexuée. Le pollen des fleurs mâles va féconder les fleurs femelles qui vont alors donner des fruits puis des graines. Les insectes pollinisateurs sont très souvent nécessaires pour permettre cette fécondation. Les graines obtenues portent alors un mélange des caractéristiques génétiques des 2 parents.
Mais certaines plantes ont la capacité de se reproduire sans fécondation. La multiplication végétative est, à ce titre, une reproduction asexuée avec la production d’un clone de la plante mère, présentant exactement les mêmes caractéristiques génétiques.
Le bouturage est certainement le mode de multiplication végétative le plus connu. On coupe des rameaux de l’année, le plus souvent à l’automne ; on les plante en terre et on espère le développement de racines puis de bourgeons. Il est aisé de multiplier ainsi, framboisiers, cassissiers ou groseilliers, même si le taux de réussite n’avoisine que les 50 %.
Le greffage est aussi très connu et est beaucoup utilisé pour les arbres fruitiers. On élève d’abord un arbre « porte-greffe » pour ses caractéristiques de robustesse et de résilience. Une fois celui-ci suffisamment développé, on l’étête et on lui associe, au niveau de la coupe, un « greffon » qui est un rameau d’un arbre de la même espèce mais choisi pour la qualité de ses fruits. Cela permet d’obtenir des fruits délicieux sur un arbre moins sensible au froid et aux maladies. On peut aussi greffer certains légumes pour augmenter la robustesse des plants et leurs productions. C’est le cas, notamment de la tomate, du concombre, de l’aubergine et des courges. Le greffage nécessite toutefois un vrai savoir-faire et requiert une formation et des outils spécifiques.
Le marcottage est mois connu. Certaines plantes « souples » ont des tiges ou branches qui retournent au sol et ont la capacité de développer des racines pour engendrer une nouvelle plante en lieu et place. C’est le cas notamment des ronces, mûriers mais aussi des fraisiers. Ces derniers développent de longues tiges (appelées « stolons ») au bout desquelles se développe un petit plant qui a la capacité de s’enraciner dès qu’il touche la terre !
Il existe un autre moyen super simple de multiplier certaines plantes : la division de touffes. Cette méthode est pratiquée notamment pour certaines aromatiques comme la menthe, la mélisse ou la ciboulette. Il suffit de déterrer la plante, diviser la touffe en plusieurs morceaux puis replanter chacun des morceaux à des endroits différents.
Il reste, enfin, un dernier mode de reproduction asexuée : la multiplication des tubercules. Certaines plantes emmagasinent des réserves dans le sol, sous forme de tubercules. Un tubercule, voire un éclat de tubercule peut alors être mis à germer au chaud puis planté en terre. Il donnera une nouvelle plante qui produira à son tour plusieurs tubercules. La pomme de terre, la patate douce, le gingembre ou encore le curcuma peuvent ainsi être reproduits.
Tous ces travaux de multiplication sont réalisés à l’automne ou en hiver, à l’abri des intempéries. Une fois le retour des beaux jours, il est alors temps d’implanter tous ces nouveaux plants en terre, tout en gardant à l’esprit que tous ne reprendront pas. Mais rien ne limite le nombre de multiplications que vous tentez !
La multiplication végétative présente toutefois un défaut majeur. Comme elle génère des clones parfaitement identiques à la plante mère, il n’y a aucune évolution de la plante, au contraire de la reproduction sexuée qui assure un brassage génétique des 2 parents. Les clones n’ont donc pas la capacité à s’adapter à leur environnement et, au bout de plusieurs années, ils peuvent tous être détruits par un ravageur ou un virus qu’ils ne sauront gérer !
C’est pourquoi, il faut régulièrement repartir de nouvelles plantes, issues d’une reproduction sexuée afin de pérenniser vos cultures dans la durée.



