
Peut-on encore dénier le dérèglement climatique ?
Fin mai 2026 : 10 jours consécutifs à plus de 32°C à l’ombre avec des pointes à 38°C ! De mémoire d’anciens, c’est totalement inédit. Une période de 10 jours à plus de 32°C est déjà rare en plein été , mais alors fin mai, c’est du jamais vu !
Il faudra malheureusement être capable de s’adapter car les épisodes extrêmes sont amenés à s’amplifier en intensité et en fréquence. Et encore, la France est nullement la région du monde la plus à plaindre !
Mais quelles sont les conséquences pour les plantes et les animaux ?
En mai, les plantes et jeunes animaux sont en pleine croissance et sont plus vulnérables qu’aux mois de juillet et août. Les dégâts risquent donc d’être plus importants que lors d’un épisode caniculaire estival. Nous découvrirons tout cela dans quelques semaines ou mois… Mais nous voyons dors et déjà les conséquences immédiates. Les poules ont réduit drastiquement leur ponte et les plantes ont totalement stoppé leur croissance. Avec de telles chaleurs, elles ferment leurs stomates pour tenter de survivre aux brûlures. Du coup, il n’y a plus d’échanger gazeux avec l’extérieur et le métabolisme de croissance s’arrête. Nous espérons que la majorité de nos plants ne périront pas et qu’ils reprendront leur croissance dès début juin ! Mais il est fort probable que les rendements de production seront faibles dans les mois à venir !
Par ailleurs, ce premier épisode caniculaire a nécessité des arrosages précoces et nombreux qui ont puisé dans les réserves en eau. Si l’été est doux et pluvieux cela sera sans conséquence. En revanche, si l’été est sec et chaud, des pénuries en eau sont à redouter. Donc, tous ensemble, économisons l’eau.
Rappelons-nous que l’été dernier, plusieurs régions de France n’avait plus d’eau au robinet. Notre région n’est pas du tout à l’abri de telles restrictions !
Riches de notre expérience de l’été dernier, nous avons mieux géré cette période extrêmement chaude.
Nous avons sorti tous nos plants de la pépinière pour les mettre à l’ombre en extérieur (voir photo ci-dessous).
Nous avons aussi adapté nos horaires. Lever tôt pour travail en extérieur jusqu’à midi. Travail administratif et communication l’après-midi. Retour au champ et sous les serres à partir de 19h30 jusqu’à 23h00. Ce rythme est épuisant. Nous espérons que nous n’aurons pas à le subir à de trop nombreuses reprises cet été !
Enfin, nous avons mis en place cet hiver, une ombrière au dessus des fraises (voir photo ci-dessus). Nous espérons ainsi pouvoir poursuivre la culture des fraises tout l’été. L’été dernier, tous nos fraisiers avaient grillé fin juin et nous n’avions plus eu une seule fraise de la saison ! Ce qui a représenté un très gros manque à gagner…
Trouverons-nous toujours des solutions pour nous adapter ? Arriverons-nous toujours à produire suffisamment de fruits et de légumes ? Et au prix de quels efforts ? Honnêtement, tout cela nous inquiète beaucoup. La vie de maraîcher est loin d’être un long fleuve tranquille…



